Chroniques d’une chercheuse partie 1: le parcours académique

Qui n’a pas déjà regardé d’un air songeur le ciel étoilé, par un soir bleu d’été ? Nous sommes tous un peu des rêveurs dans l’âme, des curieux, d’insatiables chercheurs. C’est dans notre nature.

Mais faire de la recherche son métier, ça c’est une tout autre affaire… Et chez GinGo, nous avons voulu en savoir un peu plus sur le parcours de ces passionnés, ces scientifiques qui ont décidé de consacrer leur vie à la découverte. Voici donc pour vous le témoignage de Romane Le Gal, chercheuse en astrochimie à l’université d’Harvard aux Etats-unis.

Être chercheuse c’est avant tout être passionnée

Du plus loin qu’elle s’en souvienne Romane nous a confié avoir toujours été passionnée par le ciel et les étoiles. Vivre à Paris n’offre pas les meilleures occasions d’observer les étoiles, mais son attrait pour la science est née lors de ses vacances passées en bord de mer: “j’observais souvent les étoiles les soirs d’été avec mon père. Il était chercheur lui aussi, mais en philosophie au CNRS, et m’a toujours laissée nourrir cette passion pour l’astrophysique.”

D’une passion au statut de chercheuse: tout un parcours académique

Des étoiles plein les yeux, elle a donc décidé de devenir astrochimiste. Après un baccalauréat scientifique et deux ans de classe préparatoire au lycée Saint Louis à Paris, elle intègre une école d’ingénieur “SupMéca”. Elle y poursuit un double diplôme: à la fois d’ingénieure et un master de recherche en astrophysique au cours duquel elle obtient le statut de doctorante et prépare une thèse pendant 3 ans.

Après notre thèse, il est souvent conseillé d’effectuer ce que l’on appelle des “post docs”, des sortes de CDD en recherche que l’on effectue de préférence à l’étranger“.
En effet, préparer une thèse demande beaucoup de temps et d’investissement. C’est une période où les chercheurs n’ont pas vraiment le temps de publier et d’acquérir de l’expertise dans leur domaine.
Et cette thèse seule ne suffit généralement pas à être accepté dans les grands instituts scientifiques en tant que chercheur permanent.
Romane a donc effectué un premier post doc à l’université de Virginie de Charlottesville aux Etats-unis pendant 3 ans et effectue actuellement son deuxième post doc à Harvard.

France vs USA : les perspectives en tant que chercheuse

Après son post doc à l’université d’Harvard, Romane nous a indiqué vouloir revenir en France pour continuer son travail de chercheuse. Pourquoi cette envie: le mal du pays ou des perspectives plus intéressantes ?

“La France et les Etats-unis offrent un modèle différent pour les chercheurs: aux USA vous trouvez ce qu’on appelle des PI (Principal Investigator) au sein des universités et instituts de recherche. Ils sont chargés de trouver les financements, en général de 3 à 5 ans et de diriger les programmes de recherche. C’est une vision un peu plus court-termiste qu’en France où l’on fonctionne plus par équipes de chercheurs majoritairement permanents. C’est également un choix personnel pour le moment …, mais je reste ouverte aux opportunités internationales car mon rêve est avant tout d’être chercheuse.”

Notre chercheuse candidate ainsi actuellement pour des concours nationaux en France, notamment ceux du CNRS (Centre National de le Recherche Scientifique) et du CNAP (Conseil National des Astronomes et Physiciens). C’est un processus assez long et plutôt sélectif : en effet, environ 5 postes par an sont ouverts en astrophysique, et ce sur plus de 200 candidats environ, qui retentent donc parfois leur chance sur plusieurs années.
Désormais, vous en savez un peu plus sur le parcours tumultueux qui mène au statut de chercheur. Faire d’une passion son métier requiert persévérance et détermination, et ces deux qualités sont sans nul doute récompensées par une vie ne vous laissera jamais dans l’ennui. Comme nous l’a dit Romane, “la recherche ne s’arrête jamais” et la passion non plus !

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