Open Access : pourquoi ? Une nécessité pour traiter la complexité du monde scientifique

La quantité de connaissances disponible aujourd’hui dans n’importe quel domaine scientifique a littéralement explosé depuis 100 ans. La combinaison de l’accroissement démographique et de l’augmentation du niveau d’éducation moyen sur notre planète a augmenté exponentiellement la population des chercheurs qui cherchent et des chercheurs qui trouvent (plus 56% entre 2002 et 2007, soit 9% par an).

Nous avons aussi largement exploré les « solutions simples » de la science. Les nouveaux progrès proviennent et proviendront de plus en plus de mélange de connaissances dans des domaines complémentaires : les chimistes, physiciens, biologistes, médecins, électroniciens, informaticiens et bien d’autres peuvent et doivent travailler ensemble pour construire les nouvelles inventions ou innovations de demain.

Le carburant de cette recherche, ou le sang qui irrigue ce fantastique «cerveau mondial», c’est la connaissance. Et tout ce qui freine un tant soit peu l’approvisionnement ou la circulation est nocif. Quand un chercheur où qu’il soit dans le monde est limité financièrement dans sa capacité à publier ou à consulter des articles scientifiques, il perd en efficacité, au détriment du bien-être de toute la communauté.

Pas de restriction à la publication ou à la consultation ? La première réponse est l’Open Access. Le vrai, pas juste des techniques et des moyens d’Open Access récupérés par des circuits qui protègent un système ancien (voir O.Ertzscheid). Mais un vrai système mondial fondé sur l’Open Access où chacun publie et consulte à coût dérisoire et sans limite de capacité.

Mais bien sûr, l’Open Access a ses limites. Ses détracteurs sincères argumentent qu’une gigantesque poubelle mondiale ne permettrait pas de donner à chaque chercheur le Graal de la connaissance : l’accès à la connaissance pertinente, exhaustive et de qualité dont il a besoin. Et qu’au contraire, cela donnerait un poids égal aux charlatans, tricheurs ou incapables de tout poil et aux chercheurs brillants, honnêtes et industrieux ! Ce n’est pas faux, mais cela signale seulement les services qui doivent s’installer dans un monde «Open Access », sans pour autant remettre en cause le principe fondamental : coût dérisoire pour les chercheurs.

Une telle poubelle ne permettrait pas non plus aux chercheurs de démontrer aisément la valeur de leur recherche pour obtenir les fonds dont ils ont besoin. Là aussi, le message est entendu, mais rien ne dit que le système actuel est efficace dans ce domaine (il fonctionne, c’est tout), ni qu’il n’y a pas de nouvelles solutions à apporter à ce problème dans un monde Open Access …

Quant aux détracteurs qui doivent impérativement protéger les emplois et les revenus du secteur de la publication scientifique… qu’ils se rassurent : non seulement leur industrie a encore de beaux jours devant elle, mais dans la transformation qui nous attend, il y a des moyens d’employer et de rémunérer peut-être encore plus de gens qu’aujourd’hui. L’histoire et l’économie ont montré que les monopoles qui dans un premier temps protègent un secteur, deviennent rapidement des entraves au développement.

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